Matrice d'écriture pour préparer la production éditoriale, par Martin Bohn

« comment ta pédagogie en stage passe aussi bien en classe virtuelle que dans une formation en présentiel ? »

La  question est spontanée, voix douce et sincère. Mon client s’intéresse à mon option de stages en ligne. Avec le confinement, il veut sécuriser son agenda de formations à distance, par classe virtuelle.

Je le rassure : « C’est la bonne surprise de ces formations en classes virtuelles. La pédagogie de stage passe aussi bien qu’en présence. La nuance, c’est le plaisir de déjeuner ensemble. »
Le lendemain, je me réveille avec sa question : Pourquoi ma pédagogie fonctionne si bien à distance, alors qu’elle remue les tripes ? Quand même, je demande aux stagiaires de plonger en profondeur pour travailler les ressorts d’écriture et de communication…

La réponse a été formulée plusieurs fois dans les évaluations en fin de formation :
« Tu nous mets vraiment en confiance. »
« Je suis surprise que ça ait si bien fonctionné seule devant mon ordinateur, confie cette stagiaire. Mais finalement, être chez moi m’a aidée. Parce que réussir tes exercices avec un groupe que je ne connaissais pas, je me demande si j’aurais osé affronter les regards pour lire mes textes en présence. »
Évidemment, la réponse est oui : tous mes stagiaires lisent leurs textes à voix haute. Tous sont impressionnés et réussissent.
Elle ajoute : « Je sais que la bienveillance que tu installes dans le groupe m’a permis de me lancer. Merci pour ça. »

Cette tendre bienveillance est une règle fondamentale, une énergie que j’instaure au début de chaque stage. L’accueil respectueux de chacun, sans jamais juger la personne, ni ses idées. Sinon, ça bloquerait. Je travaille justement à détrôner le juge intérieur. Étape nécessaire pour encourager l’inspiration, obtenir l’écriture fluide d’une rédaction professionnelle. J’installe autour de mes stagiaires un cocon psychologique rassurant.

Un autre aspect permet la réussite des classes virtuelles : la relativité de la distance. Cette notion est subtile, immatérielle, délicate à comprendre. La seule distance qui compte, essentielle dans ma pédagogie, c’est l’écart personnel avec ses propres émotions. Ce n’est pas la proximité du voisin. Ce n’est pas de savoir si le formateur peut toucher mon épaule d’une main rassurante. Ça, c’est du confort pédagogique en présence. Un de mes trucs pour accélérer le déblocage psychologique. La clé, c’est de réduire ce fossé entre le mental et l’émotion. Effacer la coupure qu’installe notre culture dès l’enfance, entre ce que je ressens d’intime et ce que je m’autorise à publier. Voilà la distance intérieure. Voilà la souffrance inconsciente qui réclame le soin. Cette distance, quand elle atteint un seuil pathologique, fait l’objet d’une pédagogie adaptée : guérir la peur de la page blanche. Mais dans mes stages, même en classe virtuelle, la distance n’existe pas.

Et puis, derniers indices pour expliquer la réussite des classes virtuelles :
– un rythme adapté pour rééquilibrer ses énergies en lâchant l’ordinateur,
– l’expérience du formateur.

Témoignages de stagiaires

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