Bateau dans le port de Sète-tourisme ©Martin BOHN

C’est une épidémie de la communication touristique. Trois erreurs majeures :  impératif, phrases creuses, emphase. Ces défauts se corrigent en stage.

1. Impératif

Le pli est marqué dans les textes touristiques : ils abusent de l’impératif. Pour proposer une visite, un monument à contempler, les brochures n’invitent pas, elles ordonnent : « Découvrez… admirez, savourez, voyagez ! »
L’injonction, comme une ritournelle, devient un réflexe d’écriture. Une planche savonneuse qui fait fuir la lecture. Qui apprécie de recevoir un ordre ? Les offices de tourisme ne commandent pas un régiment. Alors, oublions l’impératif ! Oui, c’est une injonction. 
Passez à la l’écriture informative descriptive qui invite à se représenter l’événement, les personnes.


2. Phrases creuses

Pour immuniser avec humour votre parole contre l’écriture institutionnelle, regardez cette vidéo de Franck Lepage (langue de bois) :


Ou ce sketch des Inconnus (langages hermétiques) :

Mon propos est d’oublier les phrases trop longues, abstraites et creuses. Sortir de ce que l’école nous a poussés à faire en rédigeant à l’infini… « Vous me ferez deux copies doubles pour lundi ! » Écoliers dociles, nous avons tiré à la ligne, ajouté des relatives pour « faire riche », à la manière de ce qui nous était montré en exemple. L’écriture simple et directe du langage spontané s’est effacée. Pour toucher son lecteur, il faut la retrouver. 
Ma prescription : rédiger court et concret. 


3. Emphase

Dernière grosse erreur dans l’écriture touristique : l’emphase. Celle qui prétend que tout est merveilleux, que la visite est hors du commun et que vous serez forcément séduits par ce moment sublime et parfait. Son problème ? Elle casse la crédibilité du propos, en n’utilisant pas les mots avec justesse.

« La ville se dévoile et livre son incroyable histoire au détour de chaque rue. Passionnant au point qu’on ne regarde plus la ville de la même façon. Une visite étonnante, instructive, indispensable. »

Mais non. Ça n’est pas la vie réelle, c’est du fantasme. Dans une longue marche, il y a des ampoules au pied, des crampes pendant une balade en canoë, des œuvres d’art peu esthétiques dans un musée. L’écriture emphatique oublie l’expérience sensorielle et émotionnelle, la vie réelle. Celle qui fait apprécier les bons guides de voyage. Celle que le lecteur savoure, parce que justement, il y a des ampoules au pied, des crampes et des œuvres moins à votre goût. C’est la vie, avec ses contrastes qui réhaussent la saveur du parcours.

 

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