Chapelle de la Sorbonne, par Jérémy Soheylian
[Angle journalistique : Quel est mon plaisir de peindre à l’aquarelle ?]

Je me régale en stage d’aquarelle. Dessin d’architecture à Semur-en-Auxois. Je progresse vite.

Le paysage médiéval de Semur-en-Auxois apparaît sous mon crayon. Des murs séculaires vibrant sous le soleil, les tuiles irrégulières esquissées en traits approximatifs barrant le faîtage. Le croquis est posé. Puis, mon épais papier d’aquarelle reçoit la couleur. Un trait de pinceau en poils de martre, je pose le jus. Le mélange de bleu outremer et de sépia s’enfonce dans la feuille en créant un grain aux sublimes reliefs violacés. Immédiatement, le relief apparaît, marquant les ombres de l’architecture. D’un papier vierge, un monde prend vie. Je crée, je réinterprète la ville. Par la main et l’œil, les pinceau et pigment, je pose mon regard aimant sur le papier satiné. 

Je suis à très bonne école. Un stage d’aquarelle auprès d’un maître du dessin d’architecture : Jérémy Soheylian. Une seule aquarelle de lui a suffi à me conquérir.

J’ai cherché l’auteur, les coordonnées, les stages, mon agenda, et j’ai payé. M’y voici, Semur-en-Auxois, une heure de Dijon, buvant les conseils du maître. Savoir comment il produit une telle lumière d’un coup de pinceau en camaïeu de bleu et brun. Deux teintes qui s’épousent. Les reliefs de façade donnent leur crépis. La toiture en tuiles étire sa morsure d’ombre sur le mur, les bâtiments couchent leurs profils sombres dans la rue. L’ombre raconte le soleil. La puissance du contraste éblouit presque.

Stage de dessin de Jérémy Soheylian

« Il faut ouvrir ton trait ! » précise Jérémy de sa voix paisible en corrigeant mon dessin au feutre. Et il montre le geste, pour que le regard voyage dans la page. En liant les teintes également, afin d’unir le dégradé des tons en révélant les plans essentiels.

En avant-plan, des profils de toiture esquissées restent en blanc, sujets secondaires. « Ne détaille que ton sujet principal ! » Tiens, c’est amusant, je reconnais mes consignes en stage d’écriture. Peindre ou écrire, même combat ? Apparemment. Une affaire de regard. Les mots comme le trait traduisent, donnent à voir.

En remplissant les pages d’aquarelle, j’observe avec bonheur mon pouvoir créateur qui grandit. Le jeune artiste s’affirme en deux jours, le temps du stage. Comme une sortie de chrysalide à coups de pinceau.
©Jérémy Soheylian

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